Le docteur Bruno Donatini (cancer, virus et immunité)

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Tube digestif : son rôle dans l’émergence des maladies 

Le Dr Bruno Donatini s’intéresse depuis des années à la place de la pullulation microbienne intestinale dans les maladies chroniques, auto-immunes et dégénératives. Spécialisé en gastro-entérologie et hépatologie, en cancérologie, en médecine morphologique et anti-âge, détenteur d’un doctorat ès Sciences en anatomie, ostéopathe, il se penche sur la physiologie et le métabolisme pour expliquer comment un déséquilibre de la flore produit, sous forme de cercle vicieux, nombre de pathologies.

Comment diagnostiquer la prolifération bactérienne intestinale ?

Le défaut d’absorption des nutriments dans l’intestin favorise d’une part les carences, et d’autre part un résidu important de sucres qui parviennent au côlon, fosse septique de l’organisme. Leur fermentation provoque, entre autres, des gaz. Cette pullulation microbienne s’accompagne d’une perméabilité intestinale et du passage de fragments de bactéries, source d’inflammation permanente et d’immunodépression. Cette altération de la muqueuse de l’intestin grêle favorise les cancers, les allergies, les maladies auto-immunes, l’oxydation, et par voie de conséquence, la fatigue, le vieillissement cérébral et les douleurs.

La pullulation microbienne favorise la production de polyamines qui sont des facteurs de croissance tumoraux et de survenue de polypes. La paroi intestinale présentant de plus en plus de difficultés à absorber les sucres, ceux-ci livrés à eux-mêmes dans la lumière intestinale, nourrissent les bactéries et encouragent leur multiplication.

Les sucres simples génèrent, par voie basse, des ballonnements et des gaz dépourvus d’odeur (hydrogène) ; les sucres complexes et les fibres solubles produisent des gaz malodorants (méthane) ; la  putréfaction,  beaucoup plus rare, issues de la dégradation des protéines, dégage une odeur d’œuf pourri (hydrogène sulfureux). Il est possible de diagnostiquer une pullulation microbienne par des tests respiratoires.

Le diagnostic par un test respiratoire

Le test respiratoire détecte des gaz – hydrogène, méthane ou méthylacétate –  dans l’air expiré, avant et après l’ingestion de certains sucres spécifiques. La présence de ces gaz signe une prolifération bactérienne dans l’intestin grêle ou dans le côlon.  Cette prolifération peut s’expliquer par un déficit d’absorption par le grêle du sucre ingéré.

30 à 54% de la population générale présente un test positif, 74 à 84% chez les patients souffrant du syndrome du côlon irritable, 91% chez les enfants souffrant de douleurs abdominales, 92% chez les personnes souffrant d’insuffisance pancréatique. C’est pourquoi, il est capital de mesurer les gaz produits dans la partie haute du tube digestif. La prolifération qui y est détectée affectera par rebond métabolique le foie et l’immunité.

Les causes de prolifération bactérienne intestinale et son symptôme associé : l’hyperperméabilité

Les facteurs favorisants de la prolifération bactérienne intestinale sont les suivants : la prise répétée d’anti-acides et d’antibiotiques, une consommation excessive de sucres, le diabète, la maladie de Parkinson, l’infection à Helicobacter pylori, certaines parasitoses, la prise de prébiotiques, l’insuffisance pancréatique, l’intolérance au gluten, au fructose, au lactose, la radiothérapie, la maladie de Crohn, le syndrome du côlon irritable se déclarant souvent après une gastroentérite infectieuse.

Une mauvaise mastication ou une vitesse de transit ralentie par un trouble de la thyroïde ou par le stress favorisent cette fermentation. Une altération du taux de vitamine D3, par blocage de son absorption ou par altération de son activation métabolique hépatique, est un marqueur de l’inflammation digestive chronique et indirectement un marqueur du risque de maladies auto-immunes.

L’hyperperméabilité intestinale

L’intestin grêle absorbe l’eau et les nutriments, le côlon n’absorbe que de l’eau et expulse les déchets (bactéries, levures, résidus alimentaires). Ces muqueuses sont protégées par le mucus et une immunité spécifique. Le foie sert de second rempart. Ses enzymes s’attaquent aux substances toxiques venant de l’intestin. Toute atteinte aux fonctions de barrière intestinale ou de détoxification hépatique augmente la production d’indésirables.

Une perméabilité intestinale défaillante favorise :

  • les maladies infectieuses et inflammatoires de l’intestin,
  • les rhumatismes inflammatoires chroniques,
  • l’acné ou le psoriasis,
  • la photosensibilité,
  • l’eczéma,
  • l’urticaire,
  • le syndrome de l’intestin irritable,
  • le syndrome de fatigue chronique,
  • les hépatites et pancréatites chroniques,
  • les cancers.

Les causes de l’hyperperméabilité intestinale sont les agents infectieux, l’alcool, les anti-inflammatoires, certains traitements comme les chimiothérapies. Le lien entre pullulation microbienne et perméabilité intestinale est aujourd’hui bien établi. Le foie des personnes présentant une hyperperméabilité intestinale travaille en surrégime pour éliminer les indésirables.

 

Quand faut-il s’alarmer en cas de problème ressenti au niveau du tube digestif ?

1* Pathologie gingivale chronique: la muqueuse buccale est le reflet de la muqueuse de l’estomac-duodénum. Il faudra chercher une altération de la flore digestive par prolifération bactérienne ou infection virale qui attaque les muqueuses

2* Mauvaise haleine par atteinte de la flore buccale, mais aussi un signe de malabsorption

3* Troubles gastriques(reflux et acidité gastrique, ulcère, œsophagite) : ils sont générés par une mauvaise vidange de l’estomac avec nausées ou manque d’appétit le matin, réveil nocturne. Cette stase gastrique va générer une constipation terminale : il existe, en effet, un lien réflexe entre la vidange de l’estomac et celle du rectum. Le test respiratoire indiquera une surproduction de gaz (méthylacétate).

L’échographie montrera une distension de l’estomac qui, ralenti dans sa vidange et rempli de gaz, perd de sa tonicité par baisse de l’onde de propagation gastrique. La stase du bol gastrique va générer un reflux du duodénum vers l’estomac, avec destruction des précieux sels biliaires par l’acidité gastrique
Troubles du transit inhabituel : ballonnements, diarrhée, constipation (selles dures et émises moins d’une fois par jour)

4* Perte de poids: une masse grasse inférieure à 20% est associée à une fermentation et suggère une insuffisance d’enzymes pancréatiques. Elle génère une malabsorption des sucres induisant une pullulation microbienne avec pour conséquence une atteinte de la muqueuse du grêle. En effet, les sucres non dégradés par les enzymes resteront à disposition pour le repas bactérien.

5* Prise de poids: les bactéries vont transformer les sucres non absorbés en alcool et en acides gras à courtes chaines (acides acétique, propionique ou butyrique). L’acide acétique va être stocké dans la cellulite ou le foie. L’acide propionique  élira domicile dans le foie. L’acide butyrique gagne les cellules de surface du colon. L’acide acétique et propionique sont responsables de la graisse viscérale et donc du syndrome métabolique : hypertension, cholestérol, diabète, atteintes cardio-vasculaires.

La dysimmunité, le syndrome dépressif et les difficultés à concevoir favorisés par la dysbiose

Comment la dysbiose  (= déséquilibre du microbiote intestinale) va favoriser la dysimmunité, le syndrome dépressif ou les difficultés de la conception ?

La paroi intestinale régule l’immunité grâce à la présence de lymphocytes T régulateurs spécifiques. Mais elle abrite aussi de nombreux virus ou des bactéries qui détruisent le mucus et pénètrent en profondeur.  L’atteinte de la muqueuse enclenchera une baisse de l’immunité et une malabsorption qui favorisera l’expansion des virus. Ce cercle vicieux infectieux, amplifié par le stress et les carences nutritionnelles, accroit la survenue d’autres infections. Le virus prépare le terrain, la bactérie profite des dégâts. Elle consomme les sucres laissés disponibles  par la malabsorption, produit des graisses et encombre le foie, baisse l’immunité en générant une inflammation  chronique, signal d’alerte de l’organisme qui tente de se défendre, et favorise la réinfestation virale et la fragilité immunitaire.

Syndrome métabolique, syndrome dépressif, infertilité, la faute à la flore

On assiste petit à petit au développement du syndrome métabolique (hypertension artérielle, diabète, hypercholestérolémie), à l’installation d’une immunodépression chronique, à la survenue de maladies auto immunes : un épithélium agressé en continu stimule en permanence le système immunitaire, qui finit par produire des globules blancs auto-réactifs (TH17), avec pour conséquence, l’apparition de maladies auto-immunes.

En cas d’immunodépression majeure, on pourra voir apparaître des cancers. Dans tous les cas, le stress oxydatif s’en trouvera augmenté. L’hyperperméabilité intestinale induite par des toxines digestives va progressivement s’étendre à l’ensemble des muqueuses et des barrières d’organe dont la barrière hémato-méningée.  Les bactéries coliques productrices de méthane consomment du tryptophane pour leur division.  Or le tryptophane est l’acide aminé précurseur indispensable à la synthèse de sérotonine, médiateur de l’adaptation et de la bonne humeur. Une telle flore digestive finira par générer un syndrome dépressif.

En cas de perturbation extrême du microbiote, le méthane sera aggloméré à d’autres gaz ou à des acides gras, formant ainsi des composés cycliques, ressemblant aux  hydrocarbures, qui vont favoriser le développement de troubles du comportement par auto-intoxication.  La capacité à concevoir est également affectée par la mauvaise santé intestinale. En rétablissant les fonctions optimales (bonne vidange du tube digestif, foie bien dégagé), les muqueuses digestive et utérine peuvent retrouver une bonne qualité et une bonne fonctionnalité. L’ovulation s’en trouve améliorée. La bonne santé digestive permet de restaurer une bonne immunité sans phénomène inflammatoire, ce qui prévient également les fausses couches.  L’immunodépression est transmise de la mère au fœtus, d’où l’importance d’assainir la flore avant la conception.

Tube digestif : la prise en charge des problèmes

La pullulation microbienne, quand elle s’éternise, va s’installer dans des couches profondes, ce qui explique que, si un traitement de 3 mois est suffisant sur des bactéries de surface, il faudra compter parfois 6 mois, un an voire un an et demi pour qu’une muqueuse abrasée puisse se reconstituer en se débarrassant de la présence d’un biofilm ultra résistant. Une action sur de simples ballonnements prendra quelques jours, sur le transit, deux semaines, sur des infections chroniques, 6 mois. Pour une stéatose hépatique et le rétablissement d’un bon statut cardio-vasculaire, il faudra compter un an. La stase gastroduodénale rend complexe la vidange hépatique.

La prise en charge nécessitera :

  • La lutte contre la pullulation microbienne grâce aux huiles essentielles d’origan, de cannelle, de clou de girofle, de menthe poivrée, de thym au linalol. Il sera, le cas échéant, intéressant d’y associer un champignon (Laetiporus sulfureus) pour assurer la diffusion des huiles essentielles jusqu’au côlon. Contrairement aux idées reçues, les prébiotiques ou probiotiques ne seront pas recommandés car ils augmentent  la fermentation.
  • La lutte contre la stase gastriquegrâce à l’huile essentielle de gingembre et l’activité physique, 30 minutes trois fois par semaine avec sueur et essoufflement, selon les possibilités personnelles de chacun (vélo, course à pieds, par contre la piscine n’est pas recommandée car la position allongée favorise la stase gastroduodénale)
  • La lutte contre la constipation,qui favorise la pullulation microbienne.
  • La lutte contre la malabsorption des sucres par l’intestin grêle grâce au choix des aliments, à la mastication ou la cuisson, à la fragmentation des repas.
  • La lutte contre l’inflammation du grêle grâce à certains champignons (la pleurote ou le Phellinus linteus). Il s’agira également de favoriser une meilleure trophicité des cellules de l’intestin grâce à un autre champignon (Hericium erinaceus) et à la spiruline.
  • La lutte contre les virus en stimulant l’immunité grâce à certains champignons (Coriolus versicolor). On se souviendra que la présence d’un virus signe une mauvaise immunité.
  • La lutte contre la stéatose hépatique par réduction de la consommation de gluten, d’alcool ; par une prise en charge ostéopathique ; par une complémentation en huiles essentielles de Citrus, de gingembre, de tea tree. Le chardon-marie, le Boldo, le Berbéris, le Chrysantellum sont d’excellent cholagogues. Cependant il conviendra de ne pas drainer le foie sur un estomac qui n’a pas retrouvé sa capacité optimale de vidange.
  • La lutte contre l’hyperperméabilité intestinalepar la restauration progressive de l’intégrité de la paroi intestinale grâce à un champignon (Shiitake) et à l’huile essentielle de menthe poivrée.
  • Pour améliorer l’ensemble des facteurs: sur un plan alimentaire, il sera conseillé de réduire l’apport calorique, surtout les sucres rapides, il sera conservé un peu de fruits hors repas, des légumes blanchis pour éliminer les sucres solubles (des oligofructosides très mal absorbés et hyperfermentables comme le stachyose, le raffinose ou le rhamnose ), des acides gras polyinsaturés en quantité augmentée pour les oméga3. Les fruits et légumes seront préférés cuits et moulinés pour être plus digestes. Sur le plan micronutritionnel, il faudra maintenir un bon statut vitamine  D (au moins 60 mg/ml), son apport est essentiel en cas de cancer, maladie auto-immune ou douleur ostéo-articulaire. Les autres carences seront corrigées au cas par cas selon la clinique et les dosages biologiques.
  • Le rempart immunitaire, garant du respect de notre identité au milieu des autres : l’éclairage du Dr Donatini

Séparer, c’est crée

  • Le monde n’existe que parce qu’il est différencié en tout : il y a une infinité de couleurs qui, toutes mélangées, vireraient au gris uniforme, il y a une infinité de sons, de goûts, de pensées, d’émotions, et chaque vie est unique, absolument unique depuis le début des temps. Ce qui garantit notre intégrité de territoire et d’existence s’appelle barrière, frontière, peau, enveloppe, immunité, et sa fonction est d’assurer soit une imperméabilité, soit une perméabilité régulée avec grande intelligence. Un pays, s’il est enrichi par des échanges avec les pays voisins qu’il contrôlera finement, déclarera une guerre s’il se sent menacé. Et ce sera au plus fort gagne : s’il est envahi pour longtemps, il risquera de disparaître. Ainsi sont les guerres et les conquêtes du temps jadis et les grandes bactéries d’antan (la peste, la tuberculose…). Aujourd’hui, nous assistons sur un plan géopolitique à des guerres plus larvées, à des inclusions, nos frontières sont poreuses, le monde se mélange, l’autre ne se déclare plus, il se faufile, se déguise. Le notion de « bon et de méchant » parfaitement identifiée n’a plus cours, ainsi, étrangement, en va-t-il de nos immunités : nos barrières intestinales malmenées par le stress, les nourritures manipulées par des toxiques, des procédés de transformation, des emballages, qui impactent nos muqueuses, déséquilibrent la flore, créent une hyperperméabilité, laissent passer des fragments toxiques, troublent le dépistage de nos centres d’alerte, brouillent les messages de communication entre nos cellules.
  • Les couleurs se mélangent, les sons se brouillent, nous prenons le risque de ne plus être tout à fait nous-mêmes quand nous sommes habités ou que nous hébergeons des aliens, des virus par exemple. Ceux-là sont entrés, savent se faire discrets pendant longtemps, réapparaître au moindre affaiblissement, ils sont ensuite capables de prendre les commandes, tôt ou tard. Nombre de textes philosophiques et religieux considèrent la séparation (qui en hébreu signifie également le sacré) comme la clé de voûte de la vie, opposée au chaos. Ainsi d’ailleurs commence la Genèse : Dieu, pendant 6 jours, sépare. Et crée selon les espèces. L’immunité de l’humanité, qui est adaptative, s’est modifiée au cours de l’histoire. Que nous dit-elle de notre évolution ? Voici l’éclairage du Dr Donatini.
  • Nous vivons aujourd’hui dans un monde à l’immunité hyper-perméable.
  • Le monde ancestral, celui qui a forgé notre immunité, était un monde de petites communautés, souvent isolées, limitées dans leurs échanges avec l’extérieur, et donc peu propices à la dissémination des agents infectieux. L’immunité de base était forte, il n’y avait pas d’immunosuppresseurs (comme par exemple les corticoïdes ou le stress chronique), et il y avait de nombreux immunostimulants, par exemple le contact étroit avec la terre et les animaux, dont les bactéries ne sont pas pathogènes pour l’être humain. Dans ce monde qui privilégiait le contact avec un environnement naturel non pollué, prédominait l’immunité dite TH1, antivirale et tumorale forte. Aujourd’hui, dès la naissance, nous sommes mis en contact avec de très nombreuses personnes venus des quatre coins du monde, et donc en contact avec des agents infectieux très divers : hôpital, crèche, transports en commun, voyages. Nous prenons beaucoup plus de bains de microbes qu’auparavant : baignoires, piscines, où pullulent des agents possiblement pathogènes, alors que, nus, nous sommes dans un état plus particulièrement vulnérables. Les températures élevées permanentes comme le chauffage, ou la circulation d’air vicié des climatisations, sont aussi des facteurs de prolifération bactérienne. Par contre, nous oublions de respecter nos propres défenses intelligentes, la sudation ou la fièvre par exemple, excellents traitements antiviraux. Plus les immuno-suppresseurs sont présents, plus les bactéries deviennent pathogènes, et nous souffrons clairement aujourd’hui d’une absence d’immuno-stimulation.
  • Nous sommes beaucoup plus souvent agressés, parfois sans nous en rendre compte, et nous ne parvenons pas à nous défendre car nos agresseurs se sont de plus en plus spécialisés. Ils profitent largement de la promiscuité, de la température constante et de la présence de l’eau. Ce contexte favorise l’émergence de germes de plus en plus sophistiqués qui perturbent notre immunité. Par opposition au contact avec la nature. Je dirais que plus on sort de la nature, moins on est performant pour se défendre. Mirabeau disait : l’entassement des hommes comme l’entassement des pommes produit la pourriture. Et comme le nombre de personnes pluriinfectés ou plurivirusés, même sans qu’ils le sachent (SIDA, papillomavirus, herpès …) augmente sans cesse, avec de plus en plus de promiscuité, l’immunosuppression gagne partout.
  • Un virus persiste toute la vie et est un immunosuppresseur majeur. On ne s’en débarrasse jamais. Le mélange des genres est chose imprudente. Auparavant, les gens se protégeaient beaucoup plus : vous étiez malade, vous restiez chez vous pour ne pas contaminer les autres, les femmes avaient leurs espaces privilégiés, on ne se baignait pas dans le bain d’un autre… Autre exemple, la vaccination qui est un coup de massue sur le système immunitaire, elle devrait être beaucoup plus parcimonieuse. Ce qui est étonnant, c’est que le sentiment de préservation qui était dominant est devenu quasi évanescent, c’était autrefois l’objectif premier. Notre monde encourage et appelle de ses vœux la non-discrimination, il encourage la dimension de l’interpénétration, qui découvre un tableau de populations polyvaccinées, polyinfectées, polyvirusées, au lieu de mettre l’accent sur la prudence.  Ainsi nous avons changé d’immunité.
  • Immunités en transition : la guerre, l’allergie, l’inflammation
  • Dans le passé, majoritairement équipés d’une immunité TH1, nous avons basculé aujourd’hui, dans le monde moderne, vers de plus en plus d’immunité TH2 comme par exemple les allergies, voire, vers des immunités TH17, source de maladies auto immunes et dégénératives.
  • Tentons d’imager le propos pour mieux comprendre : l’immunité dite TH1 était spécialisée contre les grands agresseurs, comme un gladiateur se lance contre son ennemi ; s’il n’a pas ce grand combattant face à lui, s’il est prisonnier, il va chercher à s’occuper, il va écraser des petits ennemis : une mouche sur le mur, ou une araignée au sol. C’est l’allergie, l’immunité TH2. Voici ce qui se passe si l’immunité TH1 n’est pas stimulée. Si sa cellule est totalement vide, s’il n’y a personne en face de lui pour le stimuler, il ne lui reste que lui-même avec qui se confronter. Ce processus signe le début d’une autodestruction, d’une autoimmunité, dite immunité TH17. Cependant, la nature a prévu beaucoup d’intermédiaires, sortes de tampons régulateurs, pour donner des chances de moduler ce processus, comme des petits tremplins qui permettent de ne pas rester bloqué, de rebondir. L’immunité n’est pas figée, sa souplesse permet de revenir en arrière. Il existe des régulateurs, dont un majeur appelé le Treg (T régulateur) qui va protéger l’organe contre un excès de réaction inflammatoire.
  • Le Treg bloque la réaction inflammatoire contre le virus, par exemple la grippe, ou contre une maladie autoimmune, mais, par là même, car on ne peut pas vouloir tout et son contraire, il bloque aussi les agents protecteurs du corps comme ceux qui protègent du cancer, ce qui explique que quand le Treg est actif, il favorise, par définition, la survenue d’un cancer. Le Treg fait office de police interne mais il ne résout rien, il empêche juste le conflit d’avoir lieu. On pourrait le comparer aux Casques Bleus des Nations Unies… Finalement l’intrus est protégé, le Treg fait en sorte d’interdire de le détruire, pendant ce temps une tumeur possible grossit. Notez bien que la fièvre, si souvent pourchassée, fait baisser les Treg. Les liens entre virus et cancer font l’objet de nombreuses études et des traitements antiviraux sont actuellement testés sur des cancers, avec un certain succès. Pour dire les choses en une phrase, plus on tolère un virus à l’intérieur de soi, plus on est susceptible de développer des maladies graves comme les cancers. La lutte contre l’immunosuppression est la solution. Elle commence dans la bouche.
  • Le mal banal, alerte incontournable
  • Suivons la piste du banal et du quotidien : gingivites, gastros, herpès, c’est suffisamment grave pour qu’on s’en occupe sans tarder. Quelques exemples.
  • La gastro-entérite aiguë souvent due à des virus, adenovirus ou coxsackie virus, a souvent des conséquences à ne pas négliger. Ces virus sont susceptibles d’engendrer des séquelles de malabsorption, origine des carences et des dysfonctionnements métaboliques. Leur présence peut ensuite induire soit des fermentations excessives, à cause de l’atteinte de la muqueuse digestive qui perd ses capacités d’absorption des glucides, avec prise de poids et syndrome métabolique, soit un défaut d’absorption de  certains nutriments, ce qui engendre maigreur et grande fatigue. On peut assister à une atteinte de la muqueuse duodénale, voire, à terme, à une atteinte pancréatique. Si l’immunité est chancelante au départ, le virus s’active et la maladie apparaît.  
  • L’herpès signe un terrain immunitaire globalement fortement déprimé. L’herpès qui s’exprime sous forme de bouton de fièvre à la jonction de la muqueuse et de la peau, buccal ou vaginal, n’est pas une expression à prendre à la légère. C’est un facteur de risque de la maladie d’Alzheimer. Il augmenterait le risque de poussées de sclérose en plaques également.  Il signale la nécessité d’un traitement immuno-stimulant.  Une fois entré, il ne sortira plus, cependant il est possible de le désamorcer. D’ailleurs, vous avez sûrement remarqué qu’il se réveille quand vous êtes fatigué, quand votre immunité faiblit.
  • La gingivite signe une immunité digestive, et donc générale, en souffrance. La bouche est le reflet de notre immunité. Une gingivite ou maladie parodontale est signalée par des saignements, même au brossage des dents, même un peu, par la découverte des collets (gencives qui remontent) ou finalement par des dents branlantes, voire déchaussées. Cette maladie, car c’en est une, est induite par des virus en bouche, EBV/mononucléose ou CMV par exemple, source de gastro-entérites et de bronchites aiguës avec réinfestations aussi fréquentes que l’herpès simple. La maladie parodontale est aujourd’hui considérée comme un facteur de risques de certains cancers : lymphomes, cancer du rein, du cerveau, de l’estomac, leucémies. Il est essentiel de la traiter par des immuno-stimulants. Parfois, des prélèvements buccaux sont utiles : dans la bouche on peut trouver le papillomavirus, cause de nombreux cancers ORL et de l’utérus, mais également du côlon, les virus EBV et CMV qui donnent notamment de grandes fatigues, l’herpès, qui signale les patients à risque.
  • La polyarthrite rhumatoïde, les maladies auto immunes de la thyroïde, la sclérose en plaques, le psoriasis, peuvent parfois être prédétectés dans la bouche, tant la flore buccale est le reflet fidèle de la flore gastro-duodénale. En effet, l’être humain est, comme la plupart des autres mammifères, un animal qui souffre de reflux gastroduodénal. Dans la bouche, il sera accordé une attention particulière aux métaux qui peuvent être source d’intoxication si les courants électriques dits galvaniques sont intenses et créent un effet pile en bouche, d’autant plus probable en cas de dysbiose : en effet, les bactéries produisent par elles-mêmes des courants amplifiés lors de leur passage par l’estomac et l’oesophage vers la bouche. Plus il y a de bactéries, plus les courants seront forts.  Un reflux acide va favoriser l’atteinte des amalgames, créant des réactions toxiques acide-métal. Il est intéressant de mesurer le pH buccal grâce à de petites bandelettes en comparant le prélèvement salivaire antérieur et postérieur de la bouche, le fond devant être plus alcalin (environ 6,5) et l’entrée plus acide (moins de 6) puisqu’ elle est moins lessivée par la salive basifiante.  Si le fond de la bouche présente un pH plus acide, il sera utile vérifier l’existence d’ un reflux gastro-oesophagien. La bouche est le premier lieu à visiter pour mener à bien une enquête immunitaire.
  • Pour renforcer l’immunité, d’abord combattre le syndrome métabolique
  • La dysbiose, la stase gastrique, la stéatose hépatique sont les premières batailles à livrer pour gagner la guerre contre l’immunosuppression.
  • En cas de stase gastrique associée souvent à un reflux duodéno-gastrique impliquant une flore buccale déséquilibrée ou la présence de virus en bouche, nous assisterons à une malabsorption avec ballonnements, troubles du transit, prise ou perte de poids. Tout symptôme buccal ou toute colopathie est un signe d’appel pour rechercher des virus et pour une prise en charge de l’immunité. L’objectif : éradiquer la présence en la bouche des virus, et maintenir cette éradication. Comment faire ? Des études montrent — et d’autres sont en cours —  que certains champignons comme le ganoderme, le coriolus versicolor et le shiitaké pour la bouche (le mycélium du champignon) sont capables de supprimer la réplication de certains virus comme le CMV et EBV, et EBV dans les muqueuses.  La durée du traitement varie de deux mois à un an. Il sera suivi d’une phase d’entretien de sept jours par mois.  Dans ce cas, la capacité d’expression du virus est réduite à néant, il ne peut plus contaminer d’autres organes ou atteindre le système nerveux central ou les cellules immunitaires. On assiste à un retour de l’immunité TH1, à une baisse de progression de la maladie auto-immune ou du cancer, parfois jusqu’à son inexpression.  Ce traitement respecte les défenses naturelles et même, les amplifie.
    • Article rédigée par Raïssa Blankoff, naturopathe-aromathérapeute, à partir des propos du Dr Donatini, gastro-entérologue, hépatologue, cancérologue, immunologue et diplômé d’ostéopathie.
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  • Référence: Jean-Marie Samori, préface de Bruno Donatini,  Les champignons comestibles, aliments d’avenir, Pour combattre les principales maladies d’aujourd’hui, Editions du Dauphin, juin 2014.
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